Voici une liste des compositeurs dont la musique est jouée et chantée durant La Passagère.
Bach (Jean-Sébastien) compositeur allemand
(Eisenach 1685-Leipzig 1850)
Sans doute le plus grand génie musical de tous les temps, Jean-Sébastien
Bach symbolise le dernier terme du mouvement polyphonique, préparé
dès le moyen-âge et stimulé par le XVIe et le XVIIe siècle.
Il résume deux siècles d'efforts et synthétise deux siècles
de découvertes.
Il ouvre aussi la porte à d'autres, pose des jalons, innove et, sans
être toujours créateur de formes, propose à l'admiration
des hommes un langage qui continue encore aujourd'hui à éblouir
les juges les plus sévères.
Pour le comprendre, il est essentiel de voir Jean-Sébastien Bach sous le double aspect d'un travailleur acharné et d'un fervent chrétien.
Mises à part quelques cantates profanes, on lui doit de nombreuses uvres vocales, essentiellement religieuses, dont:
202 cantates, 2 oratorios, 6 motets, des psaumes et une messe en si mineur;
autant d'uvres instrumentales pour orgue; pour clavier, dont le concerto
en ré mineur BWV 974, que joue Maurice dans le tableau 3, et le concerto
italien (1735), d'après Vivaldi, une oeuvre de maîtrise qui harmonise
à merveille l'héritage latin et l'héritage allemand, dont
Maurice joue le premier mouvement au tableau 5, comme pièce d'audition
au Conservatoire; pour instruments solistes (luth, flûte, violoncelle,
viole de gambe, violon);
-pour orchestre, dont 6 concertos, dits Brandebourgeois (1721), 4 ouvertures,
dites suites (1721-1736) et deux oeuvres théoriques, dont l'Art de la
fugue (1748-1750).
Chopin (Frédéric) compositeur polonais (Zelazowa-Wola 1810 - Paris 1849)
À demi français par son père Nicolas Chopin, professeur
de français installé à Varsovie, Frédéric
fut un enfant prodige qui, dès l'âge de neuf ans, donne son premier
concert. À dix-neuf ans il est reconnu en Pologne comme étant
le plus grand pianiste.
Il quitte son sol natal en 1830 pour un voyage d'études et se fixe à
Paris en 1831 où il a la chance de pénétrer dans la société
aristocratique qui se dispute ses leçons.
Grâce à Liszt, il rencontre George Sand, l'écrivaine avec
laquelle il aura une liaison de dix ans. Déjà atteint de phtisie
(tuberculose pulmonaire) qui l'emportera, Chopin passe l'hiver de 1838 à
Majorque où il compose la plupart de ses préludes, dont le Prélude
#15, opus 28 que joue Maurice au tableau 22, alors qu'Ève-Marie lui annonce
qu'elle quitte le Conservatoire pour épouser Gustav Schmidt.
Rentré à Paris, la discorde s'installe entre Chopin, l'aristocrate
et Sand, la révolutionnaire.
La production du musicien, jusque là régulière, se ralentit
en 1846. La maladie s'aggrave. Après un voyage en Agleterre, il revient
à Paris en 1849. Il cesse de composer et d'enseigner. Il mourra en octobre
de la même année.
Outre quelques oeuvres écrites pour orchestre et de la musique de chambre, il composa surtout pour le piano. On lui doit, entre autres, 51 mazurkas, 26 préludes, 20 nocturnes, 14 valses et 14 polonaises.
Debussy (Claude) compositeur français (Saint-Germain-en Laye 1862 - Paris 1918)
Grâce à son indépendance d'esprit, Debussy échappa à l'influence wagnérienne dans l'opéra, et ses recherches harmoniques, son récitatif, son art évocateur, ses sonorités raffinées, le fluide de ses mélodies ont renouvelé le langage musical.
Il entend que l'éclat de la forme soit saisi sans détour. Il désire que la beauté soit sensible, qu'elle nous procure une jouissance immédiate, que la musique cherche humblement à faire plaisir.
La forme si essentielle chez lui est plus que la structure apparente: c'est l'élément interne en son ordre caché; c'est l'ordre supérieur d'une harmonie empruntée aux prestiges que cette musique trouve "inscrite dans la nature", comme il dit, parce qu'au delà des apparences il entrevoit les réalités dont elles sont les signes.
On lui doit :
de nombreuses oeuvres vocales, dont les Chansons de Bilitis (1898);
des oeuvres pour le théâtre, dont le Martyre de Saint-Sébastien (1911);
des oeuvres pour orchestre, dont le Ballet de jeux (1913);
et des oeuvres pour le piano, dont Clair de lune (1913) qu'interprète Maurice dans le tableau 10.
Mozart (Wolfgang Amadeus) compositeur autrichien (Salzbourg 1756-Vienne 1791)
Mozart fut un enfant prodige, autant comme musicien que comme compositeur et, bien qu'il ait traité tous les genres avec bonheur, il est reconnu comme l'un des plus grands maîtres de l'opéra.
Maître de la mélodie, il recherche la pureté, l'élégance et sait atteindre la grandeur par la simplicité et la grâce. Mais derrière la clarté et la fantaisie transparaissent l'ironie et le tremblement d'une âme inquiète.
En mai 1791, Mozart obtient le poste de maître de chapelle suppléant à Saint-Étienne.
En juillet, un inconnu aux allures mystérieuses est venu lui commander un Requiem; c'était un émissaire du comte Walsegg, aristocrate mélomane qui, voulant produire l'oeuvre sous son nom, s'était entouré d'un incognito difficile à percer.
Il semble que cet incident ait hâté la mort du compositeur qui
fut persuadé dès le début d'écrire son propre Requiem.
La cause de cette mort demeure problématique; le 20 novembre se déclare
la fièvre qui devait l'emporter.
Son oeuvre est immense:
musique instrumentale: 203 danses, plus de 50 concertos, 52 symphonies, sonates,
fugues, quintettes, marches, divertissements, sérénades, etc.;
musique chantée: 18 messes, litanies, vêpres solennelles, oratorios, lieder, cantates,
canons vocaux, opéras: l'Enlèvement au sérail (1782),
Noces de Giovanni (1787), Cosifan tutte (1790), et la Flûte enchantée (1791) dont est tiré Ach Ich Fuhl's que chante Ève-Marie au Conservatoire dans le tableau 11.
Rossini (Gioacchino) compositeur italien (Pesaro 1792 - Paris 1868)
Né de parents musiciens, Rossini montre, dès ses premières années, un très grand instinct de la musique. Mais, pressé de se produire, il interrompt, dès 1810 ses études à Bologne et compose son premier opéra.
À défaut d'une science très développée,
son intuition et un incomparable sens de l'improvisation lui permettent d'accumuler
les ouvrages et d'accéder rapidement à la grande notoriété.
Attiré par Paris qui s'enthousiasme pour ses oeuvres, Rossini vient s'y
établir en 1824, dirige le Théâtre- Italien et devient intendant
général de la musique royale.
Son sens inné de la mélodie et de l'effet théâtral lui valut d'ailleurs de grands succès sous la Restautration.
Son opéra Guillaume Tell (1829), partition vraiment exceptionnelle
dans sa production marque la fin de sa carrière dramatique. Il n'a que
41 ans. Se confinant dans un silence inexplicable, il compose seulement, durant
les 38 ans qu'il lui reste à vivre, un Stabat Mater (1832) et quelques
pages de circonstance. Il meurt à Paris en 1868.
Outre le Barbier de Séville, chef d'oeuvre d'esprit et de verve qui le
consacre définitivement en 1816, et dont l'intro de Una Voce Poco Fa
est chanté par Ève-Marie dans le tableau 4, nous lui devons, entre
autres, les opéras suivants: Tancrède, Othello, Cendrillon, La
pie voleuse, Moïse, La dame du lac et Sémiramis.
Strauss (Johann II) compositeur viennois (Vienne
1825 - id. 1899)
Fils de Johann I, chef d'orchestre des bals de la cour, Johann II eut son
propre Orchestre en 1844 puis succéda à son père à
la cour.
Ses oeuvres, abondantes et gracieuses, sont encore de nos jours universellement
célèbres. Rival d'Offenbach et de Lecoq, il se consacra uniquement
à l'opérette à partir de 1863.
Outre ses valses dont les plus célèbres sont le beau Danube bleu, Sang viennois, La Vie d'artiste et Rose du sud, on lui doit de nombreuses opérettes: le Baron Tzigane, Le Fichu de la Reine, Cagliostro et la Chauve-Souris (1874) dont est tiré l'extrait Mein Herr Marquis que chante Ève-Marie au tableau 28.
Verdi (Guiseppe) compositeur italien (Roncole 1813- Milan 1901)
Dramaturge d'instinct, Verdi imposa face au courant wagnérien une tradition nationale qu'il devait à Bellini ou à Rossini. Son romantisme direct donne de plus en plus d'importance au rôle de l'orchestre et le pousse à évoluer sur une ligne mélodique continue, entre le récitatif et l'arioso.
Parmi les oeuvres de maturité, citons celles-ci: Rigoletto (1853), Il Trivatore (1853), les Vêpres siciliennes (1855), Un bal Masqué (1859), et La forza del destino (1862) dont est tiré l'extrait Pace Mio Dio que chante Ève-Marie au tableau 36.
Il faut attendre cette époque pour que Verdi rencontre Arrigo Boito
et Ghislanzoni, librettistes dignes de son génie, qui permettront l'éclosion
de ses derniers chefs-d'oeuvre: Don Carlos (1867), Aïda (1871), Othello
(1887) et Falstaff (1893).